Le FC Barcelone a annoncé son accord de sponsoring de trois ans avec Zero-Knowledge Proof (ZKP) d’une valeur de 22 millions de dollars, faisant de cette jeune entreprise crypto inconnue au bataillon, le partenaire officiel du club jusqu’en 2028. Pourtant, quelques jours seulement après l’annonce, ce qui semblait être une décision commerciale des plus classiques s’est transformé en l’un des accords de sponsoring les plus critiqués de l’histoire du football.
Une entreprise crypto douteuse
Lors de l’annonce du partenariat, ZKP ne comptait que 33 abonnés sur son compte X (anciennement Twitter) et son site web ne fournissait que des informations minimales sur sa structure. Par conséquent, les critiques se sont immédiatement interrogées sur ce choix atypique du FC Barcelone avant de signer un accord d’une telle ampleur. Martin Calladine, journaliste d’investigation et auteur de No Questions Asked: How Football Joined the Crypto Con déclare alors :
Le manque d’informations sur ZKP est profondément préoccupant. Ce partenariat rappelle certains des accords de sponsoring les plus douteux entre des clubs de football et des sociétés de cryptomonnaie douteuses.
L’inquiétude s’est considérablement accrue lorsque ZKP a lancé sa propre crypto quelques jours seulement après l’annonce du partenariat. Selon le site web de l’entreprise, ZKP a été fondée et développée par un collectif pseudonyme implanté dans plusieurs juridictions, son siège social étant régi par le droit samoan, un pays considéré par l’Union européenne comme un paradis fiscal.
Patrocini global amb @ZKPofficial, nou Partner Oficial de Tecnologia Blockchain del FC Barcelona. #BarçaxZKP 🤝
— FC Barcelona (@FCBarcelona_cat) November 14, 2025
Xavier Vilajoana, ancien membre du conseil d’administration du FC Barcelone et candidat récemment déclaré à la présidence, a exprimé les craintes de nombreux supporters. Il a qualifié ce partenariat de preuve de “désespoir financier”, soulignant :
Je suis extrêmement préoccupé que la direction du Barça associe le club à une entreprise dont le passé soulève autant de questions.
Par la suite, cette inquiétude s’est avérée justifiée lorsque des rumeurs ont commencé à circuler selon lesquelles des partisans du personnage controversé Andrew Tate faisaient la promotion des systèmes de confidentialité de ZKP sur les réseaux sociaux, ternissant davantage la réputation de la crypto de ZKP.
Panique au club du FC Barcelone
La réaction du FC Barcelone face aux critiques croissantes a révélé l’ampleur du désastre en termes d’image. Dans un communiqué rédigé à la hâte et publié le 26 novembre, le club a tenté de se dissocier de l’offre de jetons de ZKP :
Le FC Barcelone n’a absolument aucun lien avec le jeton de cette société. Le club n’est ni responsable ni impliqué dans l’émission ou la gestion de ce jeton, et n’utilise pas la technologie associée. Ni l’existence ni l’émission de ce jeton ne faisaient partie de l’accord de sponsoring précédemment signé avec le club.
Il est à noter que cette clarification reconnaissait que le lancement du token avait surpris même la direction du FC Barcelone, suggérant soit une négligence dramatique, soit une dissimulation délibérée de la part de l’entreprise ZKP lors des négociations.

La raison principale d’une telle prise de risque par le FC Barcelone est dû à l’accumulation d’une dette colossale de 469 millions d’euros, à laquelle s’ajoutent plus de 900 millions d’euros d’emprunts liés au stade. Par ailleurs le projet Web3 du club s’est terminé par un échec. En effet, un accord avec Barça Innovation Hub a entraîné une perte de 141 millions d’euros.
La situation critique du FC Barcelone illustre une tendance plus générale qui touche les clubs de football en difficulté financière à savoir la tentation de nouer des partenariats avec des entreprises émergentes, indépendamment de leur crédibilité.
En effet, tandis que d’autres clubs ont conclu des partenariats avec des sociétés de crypto établies comme le Paris Saint-Germain avec Crypto.com, le FC Barcelone a opté pour une voie différente. Au final, le scandale ZKP pourrait s’avérer aussi préjudiciable à la réputation du FC Barcelone que les 22 millions d’euros gagnés grâce à cet accord.
Source : Club du FC Barcelone
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