Pendant des années, le monde des cryptomonnaies a évolué dans une zone grise réglementaire, permettant à d’innombrables investisseurs d’échapper à leurs obligations fiscales. Cependant, cette période d’anonymat touche à sa fin. En effet, le gouvernement britannique lance une offensive sans précédent contre l’évasion fiscale dans le secteur des actifs numériques, avec la mise en œuvre d’une nouvelle réglementation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026.
En s’alignant sur le Cadre de déclaration des crypto-actifs (CARF) de l’OCDE, le Royaume-Uni avertit les détenteurs de crypto que la conformité n’est plus une option et que les mécanismes de contrôle sont bien présents.
Le cadre britannique imposé pour les cryptomonnaies
Le HMRC (l’administration fiscale britannique) a publié une nouvelle réglementation qui redéfinit en profondeur le fonctionnement des plateformes d’échange en crypto au Royaume-Uni. En effet, à compter du 1er janvier 2026, les services liés à la crypto au Royaume-Uni devront collecter les informations personnelles et transactionnelles auprès de leurs clients.
JUST IN: 🇬🇧 UK Government to crackdown on crypto tax avoidance in 2026.
— Watcher.Guru (@WatcherGuru) November 28, 2025
Par conséquent, les plateformes devront compiler des informations telles que les nom et prénom des utilisateurs, leurs adresses, leur pays de résidence, les adresses de leurs portefeuilles et l’historique complet de toutes leurs transactions faites en crypto. De plus, les prestataires de services doivent soumettre leurs premiers rapports à l’administration fiscale britannique (HMRC) avant le 31 mai 2027, couvrant l’intégralité de l’année civile 2026.
Jonathan Athow, directeur général de la stratégie client et de la fiscalité à l’HMRC, a alors déclaré :
Ces nouvelles obligations de déclaration nous permettront d’aider les contribuables à régulariser leur situation fiscale. J’invite tous les utilisateurs de crypto-actifs à vérifier les informations qu’ils devront fournir à leur prestataire.
Les sanctions en cas de non-conformité sont importantes. Utilisateurs et prestataires de services s’exposent à des amendes pouvant atteindre 300 £ par client. Par ailleurs, ce dispositif s’inspire des systèmes de déclaration utilisés dans le secteur bancaire traditionnel.
De la même manière que les banques sont soumises à l’échange automatique d’informations depuis 2014 via la Norme commune de déclaration (CRS), les plateformes d’échange de cryptomonnaies sont désormais soumises à des obligations similaires.
Le coût de mise en œuvre pour le HMRC représenterait 69 millions de livres sterling et concerne l’infrastructure informatique et aux systèmes de support. Parallèlement, les prestataires de services doivent faire face à des coûts de conformité annuels supplémentaires estimés à 800 000 livres sterling pour l’ensemble des plateformes concernées.
Néanmoins, le gouvernement anticipe un retour sur investissement considérable, les projections indiquant que cette initiative devrait générer jusqu’à 315 millions de livres sterling de recettes fiscales supplémentaires d’ici avril 2030.
Une volonté de renforcer les contrôles sur les particuliers
Avant ces réformes, le HMRC s’appuyait sur les déclarations volontaires, mais la déclaration directe par les plateformes de cryptomonnaies modifie fondamentalement les capacités de contrôle du gouvernement. À titre d’exemple, le HMRC a envoyé plus de 65 000 lettres aux détenteurs de cryptomonnaies cette année pour leur rappeler de déclarer leurs gains.
De plus, l’administration fiscale propose un service de déclaration des crypto-actifs (CDS) permettant aux particuliers de déclarer volontairement des gains non déclarés, assortis de pénalités réduites. James Murray, secrétaire d’État au Trésor, a souligné la détermination du gouvernement :
Ces nouvelles règles contribueront à lutter contre la fraude fiscale et à réduire l’écart fiscal, en veillant à ce que les fraudeurs fiscaux ne puissent plus se cacher, tout en générant des recettes pour les services publics essentiels, notamment la santé et les forces de l’ordre.
Il est bon de rappeler que l’OCDE estime que la fraude fiscale pourrait concerner entre 55 et 95 % des détenteurs de cryptomonnaies dans le monde entier. Par conséquent, l’action unilatérale du Royaume-Uni, coordonnée avec plus de 50 pays participants, dont des États membres de l’UE, le Canada, l’Australie, le Japon et la Corée du Sud, crée un réseau international d’échange d’informations.
Seb Maley, PDG de Qdos, fournisseur d’assurance fiscale, a alors déclaré :
Les plateformes étant tenues de conserver ces informations à partir du 1er janvier 2026, avant de les transmettre au HMRC l’année suivante, l’administration fiscale pourra les comparer aux déclarations de revenus.
En effet, les particuliers ont jusqu’à fin 2026 pour organiser leurs actifs numériques avant le début des contrôles en 2027.
Sur le même sujet :
- L’Ouzbékistan se met aux stablecoins et en fait un moyen de paiement officiel
- Tether ferme les portes de son opération de minage en Uruguay
- Amundi lance son fonds tokenisé sur la blockchain Ethereum

