Des chercheurs de l’Université de Columbia ont découvert qu’une part importante des transactions réalisées sur Polymarket relevait, pour la plupart, de manipulation de marché plus communément appelé “wash trading”. Cette activité représenterait 1/4 du volume total sur plusieurs années dont un pic à 60 % en décembre 2024. Les auteurs de l’étude affirment avoir traqué des groupes de wallet crypto achetant et vendant rapidement les mêmes smart contrats dans le but de gonfler l’activité. Il apparaît qu’au moins 14 % des 1,26 million de portefeuilles sont déclarés comme suspects au cours de la période étudiée.
L’incroyable découverte de l’Université de Columbia
L’étude américaine intitulée “Network-Based Detection of Wash Trading” a analysé les données on chain sur Polygon et en a déduit que des comportements suspects comme des aller retour rapides sur des smart contracts avaient été découvert afin de gonfler artificiellement le volume de plateforme Polymarket.
Les chercheurs sont formels, 25 % du volume de la plateforme de prédiction de marché est fausse sur les trois dernières années correspondant à du trading artificiel. Les pics suspects sont notamment présents sur les marchés sportifs et électoraux qui ont même dépassé les 90 % d’activité suspecte sur certaines semaines. Plus de 43 000 adresses auraient été détectées appartenant à un seul et même groupe.
Scoop: Blockchain researchers have found evidence of rampant wash trading on the leading electoral betting site Polymarket, with Chaos Labs concluding that one-third of volume on its presidential market is likely artificial pic.twitter.com/UyuylpUL6g
— Leo Schwartz (@leomschwartz) October 30, 2024
A titre informatif, ces résultats sont présentés comme une estimation et non comme une preuve permettant d’incriminer la plateforme Polymarket. Étant donné qu’il n’y pas besoin de KYC (Know Your Customer) pour l’utiliser, il est compliqué de savoir si Polymarket est impliqué directement.
Il est également bon de rappeler également que Polymarket fait l’objet d’un potentiel airdrop augmentant ainsi les volumes de transactions qu’ils soient vrais ou faux. Pour rappel, le wash trading est interdit sur les marchés traditionnels mais reste fréquemment pratiqué par certains market makers dans l’écosystème crypto.
Quel est l’impact concret sur Polymarket ?
Les plateformes comme Polymarket sont souvent citées par les médias pour leurs signaux prédictifs en temps réel même si le volume factice risque de fausser les probabilités. Le volume affiché peut donc surestimer la prise de risque donner l’illusion de probabilité plus importante qu’elle ne l’est véritablement.
L’étude rappelle que les estimations montrent que l’activité suspecte a chuté à 5 % en mai dernier avant de remonter à 20 %. L’université conclut donc que c’est une activité comportementale et non statique comme on pourrait le penser.
Malgré ces pratiques, l’étude souligne que les wallets soupçonnés de manipulation n’ont généré aucun profit. L’objectif étant vraisemblablement d’influencer les futures incitations ou encore se positionner sur le futur token de Polymarket annoncé cette année.
Harry Crane, professeur de statistiques à l’université Rutgers déclare d’ailleurs :
Je pense que le discours sur la manipulation est une tentative des médias traditionnels de discréditer ces marchés, ce qui menace leur capacité à contrôler le discours.
La plateforme a subi de nombreuses accusations de fraude dans le passé notamment sur les élections politiques. Quoi qu’on en dise, Polymarket fait son grand retour aux Etats-Unis après avoir trouvé un compromis avec l’Etat américain.
Source : Columbia University
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