C’est à présent chose faite : l’ONJN, le régulateur roumain des jeux d’argent, a inscrit Polymarket, la célèbre plateforme de prédictions en ligne, sur la liste noire des sites non autorisés en Roumanie. Nous allons voir ensemble les raisons pour lesquelles une telle décision a été prise, ainsi que les conséquences de cette condamnation.
Polymarket, un acteur on-chain souvent tourmenté
Le régulateur roumain des jeux d’argent considère dorénavant que Polymarket exerce une activité de pari entre contreparties sans licence. Le site de pari en ligne permet aux utilisateurs de s’affronter en misant de l’argent. De plus, la plateforme prélève une commission sur ces transactions. Cela remplit donc la définition légale du jeu d’argent.
En effet, en Roumanie, les entités proposant aux particuliers de parier sur l’issue d’un évènement futur en mettant de l’argent en jeu doivent obligatoirement obtenir une licence. Or ce n’est pas le cas de Polymarket, le régulateur roumain des jeux d’argent a ainsi demandé aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer l’accès au site.
En plus de cela, Polymarket pourrait aggraver son cas : le régulateur roumain des jeux d’argent met en avant une potentielle absence de reporting fiscal, de mécanismes de protection des joueurs en ligne, et de contrôles AML (anti money-laundering)…
Ce n’est pas la première fois que Polymarket a des ennuis avec les juridictions nationales des états dans lesquels il propose ses services. En effet, en 2022, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), l’organisme américain de régulation des marchés à terme, avait infligé amendes et injonctions à Polymarket. En juillet 2025, en rachetant l’exchange de dérivés QCX, Polymarket avait pu envisager la possibilité d’une réouverture encadrée aux États-Unis.
En Europe, Polymarket est fortement restreint, voire bloqué, notamment en France, en Belgique, en Pologne… et c’est aussi le cas en Asie, en Thaïlande ou encore à Singapour.
Malgré cela, Polymarket a récemment annoncé un investissement allant jusqu’à 2 milliards de dollars de la part d’ICE (Intercontinental Exchange), la maison mère du NYSE. On peut donc en déduire que la finance traditionnelle s’intéresse de prêt aux marchés de prédiction.
La raison du déclenchement des foudres du régulateur roumain
Le régulateur roumain des jeux d’argent n’a pas décidé de bannir Polymarket par hasard. En effet, ce dernier explique que l’activité sur le site a littéralement explosé pendant les élections locales et nationales. Par exemple, la prédiction mettant en jeu le nom du futur maire de Bucarest a vu affluer plus de 16 millions de dollars de volume. L’agenda électoral Roumain a servi de catalyseur pour favoriser l’explosion des paris en ligne sur Polymarket en Roumanie.
On peut se demander en quoi cela pose un problème. Le régulateur roumain des jeux d’argent considère que ces volumes importants et cette visibilité accrue autour des élections augmentent considérablement les risques pour l’intégrité du scrutin. Par exemple, cela pourrait conduire à des incitations de vote, ou à des soupçons de manipulation d’opinion.
Par ailleurs, le problème d’absence de contrôle des identités se pose : des mineurs pourraient participer, des fonds pourraient être facilement blanchis de cette manière. Le régulateur roumain des jeux d’argent a donc souhaité bloquer Polymarket pour le moment, quitte à l’encadrer à l’avenir.
Polymarket pourrait alors proposer une solution : retirer, par exemple, les paris électoraux de son offre, mais mettre l’accent sur les paris sportifs, comme il l’a fait aux États-Unis.
À court terme, cela représente une mauvaise nouvelle pour Polymarket. Mais à long terme, la collaboration avec la finance traditionnelle (NYSE) et la clarification des règles encadrant les sites de paris en ligne par le régulateur seront des opportunités de clarifier et d’encadrer ce type de plateforme, qui, au vu de leur succès, ne sont pas près de disparaitre.
Pour aller plus loin :
- Polymarket interdit en France suite au pari d’un Français sur Trump ?
- Token Polymarket confirmé par le CMO : l’airdrop arrive
- Zcash explose : la privacy est de retour

