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MiCA ne suffirait pas : le patron de Bybit alerte sur la rentabilité en Europe

Stéphane Daniel
Faits Vérifiés
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L’époque où une licence MiCA – ce passeport réglementaire unique que l’Union européenne avait promis comme solution définitive à la fragmentation juridique qui paralysait l’industrie crypto sur le Vieux Continent depuis des années, permettant à une plateforme agréée dans un seul État membre d’opérer dans l’ensemble des trente pays de l’Espace économique européen sans multiplication coûteuse de demandes nationales, sans négociation réglementaire pays par pays, sans le risque permanent de voir son nom inscrit sur une liste noire comme ce fut le cas pour Bybit sur le registre de l’AMF française en 2023 – semblait incarner à elle seule la promesse d’une Europe enfin ouverte aux opérateurs crypto sérieux – semble définitivement révolue, le directeur général de Bybit, Ben Zhou, ayant publiquement reconnu que son groupe, deuxième exchange mondial par volume de transactions, ne dégage aucun profit en Europe malgré une licence obtenue auprès de l’Autorité des marchés financiers autrichienne (FMA) le 29 mai 2025.

La tension structurelle qui sous-tend ce basculement est d’une clarté désarmante une fois que l’on accepte de regarder la mécanique réelle du cadre réglementaire en face : MiCA ne couvre que les transactions fiat-vers-crypto et crypto-vers-crypto, excluant délibérément les dérivés, les actifs tokenisés et une large gamme de produits financiers qui constituent précisément les sources de revenus les plus substantielles pour les grands opérateurs. Obtenir la licence MiCA revient donc à obtenir le droit d’ouvrir une boutique en Europe – mais une boutique dont les rayons les plus rentables restent vides faute d’autorisations supplémentaires relevant de la directive MiFID II et du statut d’établissement de monnaie électronique (EMI).

C’est dans ce contexte que Ben Zhou a formulé un avertissement aux implications sectorielles considérables : selon des déclarations rapportées le 26 avril 2026, le PDG de l’exchange a déclaré que « With the current MiCA framework, you can only do fiat-to-crypto, crypto-to-crypto. There are many elements of a profitable business you cannot do, so even as a MiCA holder – unless you’re Kraken or Bitpanda or Bitvivo, who are already making money because they have multiple licenses. » Il a ajouté que Bybit estime être encore deux ans minimum avant d’atteindre l’équilibre en Europe, et s’attend à une vague de consolidation parmi les acteurs de taille intermédiaire incapables d’absorber le coût d’une infrastructure de conformité multi-licences.

Ben Zhou sitting on a black chair in a suit, with a Bybit logo to the right.

S’agit-il d’un simple aveu d’impatience de la part d’un opérateur qui a sous-estimé la complexité réglementaire européenne – ou assistons-nous à la démonstration que MiCA, malgré ses ambitions d’harmonisation, a créé une architecture de conformité à plusieurs couches dont seuls les acteurs les mieux capitalisés peuvent supporter le coût d’entrée réel ?

L’anatomie de la licence MiCA : ce que les lacunes structurelles du passeport européen révèlent sur la mécanique réelle d’un cadre réglementaire conçu pour harmoniser sans pour autant simplifier l’économie réelle des opérateurs crypto

Pour comprendre la portée réelle de cette décision, il faut soulever le capot de la mécanique. MiCA – le règlement sur les marchés des crypto-actifs, formellement adopté en 2023 et entré en pleine application pour les prestataires de services sur crypto-actifs (CASP) le 30 décembre 2024 – est souvent présenté comme une révolution réglementaire. Et sur le plan de l’architecture juridique, c’en est effectivement une : une seule autorisation nationale suffit désormais à opérer dans les 27 États membres de l’UE plus la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein, éliminant la nécessité de négociations réglementaires parallèles dans chaque juridiction.

Mais le diable réside dans le périmètre précis de ce que couvre effectivement ce passeport. MiCA autorise les opérations de change fiat-vers-crypto, les échanges crypto-vers-crypto, la conservation d’actifs numériques et l’émission de certains crypto-actifs. Ce qu’il n’autorise pas – et c’est ici que l’argument de Ben Zhou prend toute sa force économique – c’est l’offre de produits dérivés sur crypto-actifs (futures perpétuels, options, CFD), la gestion d’actifs tokenisés relevant de la classification d’instruments financiers, ni certains services de paiement avancés. Ces produits exigent respectivement une licence MiFID II (directive sur les marchés d’instruments financiers) pour les dérivés, et un agrément d’établissement de monnaie électronique (EMI) pour les services de paiement.

Or, ces produits exclus du périmètre MiCA ne sont pas des accessoires marginaux pour un exchange de la stature de Bybit : ils en constituent le cœur économique. Les marchés de dérivés crypto – et notamment les futures perpétuels, qui permettent aux traders d’accéder à des positions à effet de levier – représentent des multiples de volume supérieurs aux marchés spot. L’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a d’ailleurs récemment rappelé aux opérateurs que les futures perpétuels pourraient se situer hors du champ d’application de MiCA, ajoutant une couche d’incertitude juridique à la complexité déjà substantielle du paysage réglementaire.

La situation de Bybit illustre parfaitement cette contrainte. L’exchange a choisi l’Autorité autrichienne des marchés financiers (FMA) comme régulateur de référence – un choix stratégique délibéré, Ben Zhou indiquant avoir préféré un régulateur à réputation stricte dont la rigueur constituerait un signal de crédibilité à long terme pour les marchés. Mais l’obtention de cette licence MiCA en mai 2025 n’a fait que lever la première barrière. Pour proposer des futures, des options ou des produits à effet de levier à ses clients européens, Bybit doit traverser un second parcours réglementaire au titre de MiFID II – un processus dont la durée, le coût et la complexité sont comparables à l’obtention de la licence MiCA elle-même.

Les exemples qui réussissent confirment cette analyse par contraste : Kraken, Bitpanda et Bitvivo sont déjà rentables en Europe précisément parce qu’ils détiennent plusieurs licences leur permettant d’offrir une gamme complète de produits. Ils ont investi en avance dans cette infrastructure multi-licences, acceptant des années de rendement négatif avant d’atteindre une masse critique de revenus diversifiés. Pour les acteurs qui espéraient que MiCA suffirait à débloquer la profitabilité européenne, le diagnostic de Ben Zhou est sans appel : « We don’t make money under the current MiCA license. But we’re able to afford it because we’re a big entity. For us, it’s a long-term investment. »

À cela s’ajoute une hétérogénéité persistante dans l’application nationale de MiCA que le règlement n’a pas réussi à éliminer. Ben Zhou l’a explicitement noté : « Some countries interpret it as a way to attract new business; some want heavy regulation. So you actually have different levels of strictness. » Ce différentiel d’interprétation – que certains États membres utilisent comme levier d’attractivité concurrentielle et que d’autres exploitent comme outil de filtrage protectionniste – maintient une réalité de fait fragmentée derrière la façade d’un marché unique théoriquement unifié. Bybit a volontairement choisi le camp de la rigueur, pariant que la crédibilité d’une license autrichienne vaudra davantage dans le long terme qu’une licence obtenue auprès d’un régulateur plus accommodant.

Signal sectoriel : quand le deuxième exchange mondial par volume reconnaît ne pas être rentable en Europe malgré sa licence MiCA, c’est l’économie entière du modèle de conformité européen qui entre dans une phase de recomposition dont les petits opérateurs paieront le prix avant les grands

L’ironie est mordante : MiCA a été conçu précisément pour attirer les opérateurs crypto sérieux en Europe, en remplaçant le chaos réglementaire national par un passeport unique qui devait réduire les coûts d’entrée et encourager l’innovation sur le Vieux Continent. Si même Bybit – l’un des deux plus grands exchanges mondiaux, disposant des ressources financières et juridiques nécessaires pour naviguer des processus réglementaires complexes – admet ne pas être en mesure de générer des profits sous la licence MiCA seule, la question qui s’impose est celle de la viabilité économique du modèle pour tout acteur de taille inférieure.

La réponse de Ben Zhou sur ce point est explicite et sans détour : « There’s going to be market consolidation. That’s why these guys are shutting down. Because even if they know they could afford MiCA, they’re like, ‘WTF, I need [MiFID, EMI] to make money, and I need to make a whole lot of investment in compliance infrastructure to be able to be profitable?’ » Cette déclaration, formulée à quelques semaines seulement de l’échéance critique du 30 juin 2026 – date à laquelle la période de transition MiCA prendra fin et à laquelle tout opérateur non agréé perdra le droit d’exercer sur le territoire européen – dessine le contour d’une consolidation sectorielle qui s’annonce brutale pour les acteurs de taille intermédiaire.

Comme nous l’analysions concernant le contrôle réglementaire des stablecoins en Europe, la logique de MiCA tend structurellement à favoriser les opérateurs les mieux capitalisés capables d’absorber des années de conformité déficitaire avant d’atteindre la rentabilité – ce qui produit paradoxalement une concentration du marché inverse à l’ambition déclarée de protection des investisseurs et d’ouverture concurrentielle. Les barrières à l’entrée que MiCA était supposé abaisser ont simplement changé de nature : elles ne sont plus géographiques mais économiques.

Ce signal est d’autant plus significatif que le contexte européen plus large ne joue pas en faveur d’une simplification prochaine. Comme nous l’analysions concernant le financement crypto en Europe en 2025, le capital disponible pour les startups crypto européennes reste largement inférieur à celui de leurs homologues américaines ou asiatiques, créant un différentiel de capacité à absorber les coûts de conformité qui favorise mécaniquement la domination des plateformes non-européennes disposant de bases de capital global.

La question de la centralisation de la supervision ajoute une couche supplémentaire d’incertitude. L’ESMA pousse pour une supervision plus centralisée des opérateurs sous MiCA, réduisant le différentiel d’interprétation nationale que Ben Zhou a identifié. Bybit se dit neutre sur ce sujet, mais son PDG a formulé une réserve pratique de bon sens : « There are talks about a more level playing field. But there could be disadvantages. Because when you have a local regulator they are easy to get to. If we have any issues, we just send an email and go to FMA in Vienna. But if everyone’s in Paris, then you have to line up. There are more CASPs, increased bureaucracy, decreased efficiency. » L’efficacité opérationnelle de la relation régulateur-opérateur, qui constitue un avantage concret de la supervision nationale, risque de disparaître dans un modèle centralisé parisien submergé de demandes.

Ce que l’alerte du PDG de Bybit change concrètement pour les investisseurs français et européens exposés aux plateformes soumises aux nouvelles contraintes de la conformité MiCA multi-licences

  • Utilisateurs français de Bybit – La bonne nouvelle est structurelle : depuis l’obtention de la licence MiCA auprès de l’FMA autrichienne en mai 2025, Bybit a été retiré de la liste noire de l’AMF française, autorisant légalement les investisseurs français à utiliser la plateforme sans risque de blocage administratif soudain. En revanche, l’offre disponible sous licence MiCA seule reste limitée aux transactions spot – l’accès aux produits dérivés et aux futures perpétuels que propose Bybit à l’échelle mondiale est conditionné à l’obtention de licences complémentaires dont le calendrier reste incertain.
  • Investisseurs utilisant des plateformes non-MiCA-conformes – Le 30 juin 2026 représente une date critique : tout opérateur n’ayant pas obtenu son agrément MiCA d’ici là perd le droit d’opérer légalement dans l’EEE. Les utilisateurs de ces plateformes s’exposent à des interruptions de service brutales, des blocages de fonds potentiels et une absence de protection juridique en cas de litige. La migration préventive vers des plateformes agréées reste la décision la plus rationnelle dans les semaines à venir.
  • Opérateurs CASP agréés de taille intermédiaire – L’avertissement de Ben Zhou leur est adressé directement : détenir une licence MiCA sans perspective réaliste d’obtention des licences MiFID II et EMI complémentaires dans un délai raisonnable revient à investir dans une infrastructure réglementaire sans pouvoir en monétiser le plein potentiel. La décision de fermeture ou de cession à un acteur plus grand – que plusieurs opérateurs de taille moyenne ont déjà anticipée – s’imposera mécaniquement si les trajectoires de rentabilité restent négatives.
  • Investisseurs retail français cherchant à accéder aux dérivés crypto – L’absence de licence MiFID II chez Bybit Europe signifie concrètement que les produits à effet de levier – futures, options, CFD sur crypto – ne sont pas disponibles dans le cadre réglementé européen de la plateforme. Les investisseurs français souhaitant y accéder doivent soit attendre l’extension du périmètre de licence de Bybit, soit se tourner vers des opérateurs disposant déjà de cette autorisation comme Kraken ou Bitpanda.
  • Investisseurs institutionnels européens – La consolidation annoncée réduit à terme le nombre de contreparties réglementées disponibles, concentrant les flux vers les quelques acteurs capables de financer l’infrastructure multi-licences. Cette réduction de la concurrence inter-plateformes risque à terme de se traduire par une pression à la hausse sur les frais de transaction et une moindre innovation produit sur le segment réglementé européen.

La prudence reste de mise : la trajectoire exacte de Bybit vers la rentabilité européenne dépend de délais réglementaires sur les licences MiFID II et EMI qui ne sont pas encore confirmés, et dont l’obtention pourrait s’avérer plus longue que les deux ans évoqués par son PDG.

Les signaux clés à surveiller dans les prochains mois pour évaluer si le modèle économique de la conformité MiCA multi-licences atteint son point d’équilibre ou précipite une consolidation durable du marché européen

L’évolution du nombre de demandes MiFID II déposées par des exchanges crypto après le 30 juin 2026. Si, dans les trois à six mois suivant la clôture de la période de transition, plusieurs grands opérateurs déjà titulaires d’une licence MiCA annoncent simultanément des demandes d’agrément MiFID II, cela signifiera que l’industrie a accepté la logique du modèle multi-licences et s’est engagée dans la durée sur le marché européen malgré son coût. Si au contraire les demandes MiFID II restent rares parmi les nouveaux titulaires MiCA, cela indiquera que l’arbitrage économique défavorable identifié par Ben Zhou dissuade effectivement la majorité des opérateurs d’aller au-delà du périmètre spot réglementé.

La clarification par l’ESMA du statut réglementaire des futures perpétuels. L’ESMA a récemment rappelé que les futures perpétuels pourraient se situer en dehors du champ de MiCA, mais sans trancher formellement la question de leur classification sous MiFID II. Si l’autorité publie d’ici fin 2026 une orientation claire qualifiant ces produits d’instruments financiers relevant obligatoirement de MiFID II, cela signifiera que la liste des produits exclus de MiCA s’allonge et que le coût de conformité pour offrir une gamme complète en Europe augmente encore. Si au contraire l’ESMA opte pour une classification flexible permettant à certains dérivés de rester dans le périmètre MiCA, cela allègerait substantiellement la pression sur les opérateurs et améliorerait les perspectives de rentabilité à court terme.

Le comportement des utilisateurs européens de plateformes non-conformes dans les semaines précédant le 30 juin 2026. Si les volumes spot sur les plateformes MiCA-agréées enregistrent une augmentation significative dans les semaines précédant la date butoir – suggérant une migration ordonnée des utilisateurs depuis les plateformes non-agréées – cela signifiera que le marché intègre correctement le signal réglementaire et que la consolidation se déroule sans rupture de liquidité majeure. Si au contraire les volumes restent stables malgré la date butoir imminente, cela indiquera que les utilisateurs sous-estiment le risque ou que les plateformes non-agréées continuent d’opérer dans un flou juridique toléré de fait.

La vitesse à laquelle Bybit dépose et obtient ses licences MiFID II et EMI complémentaires. Si Bybit annonce d’ici fin 2025 le dépôt de demandes MiFID II et EMI auprès de l’FMA autrichienne, cela signifiera que l’engagement européen du groupe est structurel et que la trajectoire de rentabilité sur deux ans évoquée par Ben Zhou est crédible. Si au contraire aucune démarche formelle n’est annoncée d’ici mi-2026, cela indiquera que la priorité de Bybit reste d’autres marchés géographiques et que l’Europe demeure un investissement défensif de maintien de présence plutôt qu’une zone de croissance active.

Perspectives – les scénarios pour les dix-huit prochains mois

Scénario 1 – Consolidation oligopolistique acceptée (probabilité : 55%) – La date butoir du 30 juin 2026 provoque une vague de fermetures et de fusions parmi les opérateurs de taille moyenne incapables de financer l’infrastructure multi-licences. Le marché européen se concentre autour d’une dizaine d’acteurs disposant à la fois de la licence MiCA, d’un agrément MiFID II et d’un statut EMI – soit les noms déjà profitables (Kraken, Bitpanda, Bitvivo) rejoints progressivement par Bybit, Coinbase et quelques autres. La concurrence diminue, les frais se stabilisent à un niveau plus élevé qu’espéré par les régulateurs, mais les investisseurs bénéficient d’un cadre de protection substantiellement plus robuste qu’avant MiCA. Bybit atteint la rentabilité en Europe dans un délai de deux à trois ans, conforme aux prévisions de son PDG.

A wooden plank balancing Ethereum and Bitcoin coins, symbolizing cryptocurrency market dynamics.
Photo by DS stories on Pexels

Scénario 2 – Révision partielle du cadre MiCA pour intégrer les dérivés (probabilité : 30%) – Face aux signaux d’alarme émis par plusieurs grands opérateurs et à la menace de désertion d’un marché européen perçu comme économiquement non viable, la Commission européenne et l’ESMA engagent une révision ciblée du périmètre de MiCA pour y intégrer une catégorie simplifiée de dérivés crypto. Cette révision, dont le cycle législatif européen impose un délai minimum de dix-huit à vingt-quatre mois, ne produirait ses effets qu’après 2027 – mais son annonce suffirait à rassurer les opérateurs et à différer les décisions de retrait du marché européen. Bybit et d’autres acteurs maintiennent leur présence dans l’attente d’une amélioration du cadre réglementaire.

Scénario 3 – Fuite des capitaux vers des juridictions alternatives (probabilité : 15%) – La combinaison de coûts réglementaires élevés, de périmètre produit restreint et d’une supervision ESMA de plus en plus centralisée rend le marché européen structurellement non attractif pour les opérateurs crypto dont le modèle économique repose sur les dérivés à fort volume. Plusieurs exchanges de taille intermédiaire choisissent de se retirer du marché européen au profit de juridictions concurrentes – Dubaï, Singapour, Abu Dhabi – offrant un cadre réglementaire moins coûteux avec une base d’utilisateurs actifs en croissance. Les investisseurs retail européens voient leur accès aux plateformes les plus innovantes s’éroder progressivement.

Dans les trois cas, une vérité s’impose avec une clarté implacable : l’ère où MiCA pouvait être présenté comme la solution complète et suffisante à la problématique réglementaire européenne des actifs numériques – un passeport unique censé à la fois harmoniser les règles du jeu, réduire les coûts de conformité et débloquer la profitabilité des opérateurs sur l’ensemble du marché continental – est définitivement révolue, et le fait que le directeur général du deuxième exchange mondial, Ben Zhou de Bybit, ait publiquement reconnu en avril 2026 que son groupe ne dégage aucun profit en Europe malgré une licence dûment obtenue et que la rentabilité ne serait pas atteinte avant au moins deux ans constitue un changement de phase dans le débat sur l’architecture réglementaire crypto européenne dont les implications pour les investisseurs retail français et européens – en termes d’offre de produits disponibles, de concentration du marché, de niveau des frais et d’accès aux instruments dérivés – se mesureront non pas en trimestres de performance de portefeuille, mais en années de recomposition structurelle d’un écosystème qui attendait de MiCA une promesse d’ouverture et qui découvre à présent que la conformité n’est pas un coût d’entrée unique mais un investissement permanent dont seuls les acteurs les plus capitalisés peuvent absorber la charge sans compromettre leur modèle économique.

Liquid Chain : L’infrastructure de nouvelle génération comme réponse à la fragmentation du marché européen

Dans ce paysage où la conformité réglementaire impose des coûts fixes monumentaux, l’émergence de solutions technologiques agiles comme Liquid Chain représente une lueur d’espoir pour l’écosystème. Alors que les géants comme Bybit luttent avec l’inertie des infrastructures traditionnelles face aux exigences de MiCA, Liquid Chain se distingue par une architecture pensée pour la fluidité et l’efficacité opérationnelle. En proposant une infrastructure blockchain hautement optimisée, Liquid Chain permet de réduire drastiquement les coûts de transaction et d’améliorer la transparence des flux, deux piliers essentiels pour satisfaire les régulateurs tout en préservant la rentabilité.

La force de Liquid Chain réside dans sa capacité à offrir une scalabilité sans compromis, facilitant l’intégration des processus de conformité directement au niveau du protocole. Pour les opérateurs qui cherchent à naviguer dans l’ère post-MiCA, s’appuyer sur une technologie aussi robuste que celle de Liquid Chain n’est plus un luxe, mais un avantage stratégique. En automatisant une grande partie de la gestion des actifs et en garantissant une liquidité profonde, la plateforme permet aux acteurs de taille intermédiaire de compenser la lourdeur administrative par une excellence technique, prouvant que l’innovation peut être le meilleur allié de la régulation.

Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.


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Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les informations fournies ont un caractère exclusivement informatif et analytique. Tout investissement en cryptomonnaies comporte des risques significatifs de perte en capital. Consultez un conseiller financier qualifié avant toute décision d’investissement.

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Stéphane Daniel

Stéphane Daniel

Stéphane Daniel découvre l’univers des crypto-monnaies à travers Solana, alors que le projet en est encore à ses balbutiements. Issu d’un parcours littéraire, il s’initie d’abord à l’écosystème par curiosité intellectuelle, avant de s’immerger pleinement dans les rouages de la blockchain et des marchés numériques. Passionné par les innovations portées par les NFT, il se lance dans le trading de collections émergentes, tout en affinant ses compétences en analyse technique et fondamentale.
Au fil des années, Stéphane développe une expertise reconnue sur les nouvelles tendances Web3, les écosystèmes à haute performance comme Solana, et les dynamiques communautaires autour des tokens et des actifs numériques. En tant que journaliste, il combine rigueur analytique et pédagogie, avec une plume claire et engagée. Son objectif : rendre accessibles les enjeux complexes du secteur crypto au plus grand nombre, sans jamais céder au sensationnalisme.

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