L’or flambe, et la blockchain en profite. Les tokens adossés à l’or franchissent 3 milliards de capitalisation, alors que le métal jaune a touché un pic historique proche de 4000 dollars. Dans le même temps, Bitcoin consolide au-dessus de 120 000 dollars et change la donne macroéconomique.
Ainsi, la bataille pour la valeur refuge s’intensifie.
L’or numérisé s’impose, le ratio BTC/or recule
Les investisseurs ont activement acheté des représentations numériques de l’or, notamment PAXG et XAUT. En effet, les volumes ont bondi sur 24 heures, portés par un appétit marqué pour les actifs de l’or tokenisés. De ce fait, ces instruments suivent de très près le cours de l’or, sans renoncer à l’exposition au métal.

Cours du PAXG (or tokénisé) – Source : Coingecko
Cependant, la dynamique ne se limite pas aux seuls tokens. L’once a brièvement dépassé 4000 dollars, tandis que l’argent a progressé au-delà de 48,50 dollars. Par conséquent, l’écosystème des métaux précieux bénéficie d’un puissant regain d’intérêt, alors que l’environnement politique et budgétaire américain demeure tendu avec la poursuite du shutdown.
Dans ce contexte, le ratio BTC/or repasse sous 32. Autrement dit, même si Bitcoin a inscrit un nouvel ATH au-dessus de 126 000 dollars, l’or surperforme depuis le début de l’année. Aussi, certains gérants parlent d’un « debasement trade » : quand la confiance dans la monnaie s’érode, les capitaux se redéploient vers des réserves alternatives.
La bourse, paradoxalement, reste bien orientée ; l’indice phare américain vient d’atteindre un record, ce qui illustre une recherche de rendement, mais aussi de couverture.
Enfin, la version “on-chain” du métal séduit pour des raisons pratiques. Les tokens peuvent circuler 24/7, se fractionner et s’intégrer à la DeFi. Toutefois, le lien à l’actif physique et la garde restent des points à auditer, car la transparence de l’émetteur demeure cruciale pour la confiance.
Vers des réserves hybrides d’ici 2030 ?
Des analystes d’une grande banque européenne anticipent un mouvement structurel : les banques centrales pourraient conserver de l’or et du Bitcoin en réserve d’ici 2030. Leur argument est simple, mais puissant. D’une part, la corrélation de Bitcoin avec certaines classes d’actifs évolue.
D’autre part, sa volatilité baisse sur la durée, tandis que sa liquidité et sa profondeur de marché progressent. En conséquence, l’actif commence à cocher des cases traditionnellement associées à l’or : rareté, portabilité et neutralité monétaire.
En revanche, tout n’est pas acquis. Beaucoup jugent que Bitcoin reste trop risqué : pas de forme physique, pas de garantie souveraine. Cependant, les métriques changent. La volatilité atteint des planchers inédits, alors que l’adoption institutionnelle s’élargit. C’est pourquoi des analystes estiment qu’une allocation « stratégique » pourrait émerger, à la marge, dans certains pays cherchant à réduire leur exposition au dollar.
De plus, plusieurs États augmentent leurs achats d’or année après année. Parallèlement, des entreprises et des gestions de trésorerie détiennent désormais du BTC au long cours. Ainsi, si l’or conserve son statut de socle, Bitcoin devient un complément asymétrique : il offre une réserve numérique non souveraine, potentiellement utile face au risque de sanctions, d’illiquidité ou de dépréciation monétaire.
Pour les marchés, la combinaison des deux actifs redessine le paysage. L’or, soutenu par la demande publique et privée. Bitcoin, lui, s’installe au-dessus de seuils symboliques, porté par la raréfaction de l’offre et des flux d’achat réguliers. De ce fait, l’idée d’un « panier de valeurs refuges » se renforce : métal physique pour la stabilité, actif numérique pour la convexité.
Source : CoinGecko
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