Le patron de BlackRock tempère l’enthousiasme autour des ETF Bitcoin. Lors du DealBook Summit, Larry Fink a rappelé que, malgré l’énorme succès des produits liés au BTC, l’actif reste volatile, psychologique et loin d’être un investissement sans risque. Pour lui, Bitcoin brille surtout quand la peur domine les marchés
Bitcoin qualifié d’“actif de la peur” : qu’est-ce que ça implique ?
Lors du DealBook Summit, le PDG de Blackrock a qualifié Bitcoin d’« asset of fear », que l’on peut traduire simplement par « actif de la peur ». Selon lui, c’est un placement qui attire surtout quand les investisseurs doutent « des banques centrales, des devises ou de la stabilité mondiale ». Bitcoin devient alors un refuge émotionnel plus qu’un actif rationnel, un endroit où l’on cherche à se rassurer quand le reste vacille.
LARRY FINK JUST LAID OUT THE BITCOIN THESIS ON STAGE
At the DealBook Summit, BlackRock’s CEO openly admitted his views on crypto have shifted — then walked the audience through why Bitcoin matters in a world facing instability and currency erosion.
He argued the latest sell-off… pic.twitter.com/3CbYD7fdH9
— Aaron Bennett (@AaronDBennett) December 4, 2025
Cette vision n’est ni un compliment ni une critique frontale. Elle décrit plutôt un phénomène psychologique : le prix du Bitcoin dépend en partie du degré d’inquiétude des marchés. Quand le monde tremble, Bitcoin brille. Quand la confiance revient, il recule. Un actif qui respire au rythme de la peur n’est pas un pilier économique neutre, c’est un capteur d’angoisse collective explique Larry Fink.
DealBook Summit : son discours calme la Hype
Sur scène, aux côtés du PDG de Coinbase, Larry Fink n’a pas joué le rôle du messie crypto. Pas de promesse de bull run, pas d’éloge démesuré. Son intervention ressemblait plutôt à un rappel stratégique : Bitcoin gagne du terrain, mais il reste risqué.
Ce choix de ton est important. Devant un auditoire institutionnel, Fink a préféré la nuance plutôt que la célébration. Il a reconnu l’évolution du marché, le succès des ETFs, mais aussi la nécessité de garder les pieds sur terre. À l’heure où certains présentent Bitcoin comme une évidence, il rappelle qu’il s’agit encore d’un pari, pas d’une certitude.
Les patrons de BlackRock et Coinbase ne croient pas à un nouveau crypto winter
Lors du DealBook Summit, Larry Fink et Brian Armstrong ont été clairs : selon eux, le marché crypto ne se dirige pas vers un nouveau winter. Les sorties de capitaux dans les ETF et la volatilité actuelle ne sont pas, à leurs yeux, les signes d’un gel prolongé, mais plutôt un mouvement naturel après une phase d’euphorie. Les deux dirigeants considèrent que le marché respire, se rééquilibre, mais ne s’effondre pas.
Brian Armstrong ajoute que chaque période de baisse a historiquement précédé une vague d’adoption plus large. Pour lui, la présence d’ETF, la régulation plus structurée et l’arrivée des grandes institutions témoignent d’un marché qui se construit plutôt que d’un marché qui s’éteint. Autrement dit, Bitcoin peut trembler, mais il n’est plus au bord du gel.
L’ETF Bitcoin IBIT : succès massif, mais sorties en novembre
Le tournant vient de janvier 2024, lorsque la SEC accepte enfin le lancement de l’ETF Bitcoin au comptant, IBIT. Avec ce produit, BlackRock ouvre la porte du BTC à des investisseurs qui n’auraient jamais acheté eux-mêmes de cryptomonnaies. Le fonds atteint rapidement un sommet proche des 70 milliards de dollars, une taille qui ferait rougir bien des fonds traditionnels.
Pourtant, la route n’est pas linéaire. Novembre a marqué plus de 3,5 milliards de dollars de sorties nettes, preuve que la demande reste nerveuse. Les ETF ont popularisé l’accès à Bitcoin, mais ils n’ont pas supprimé les cycles. Quand l’appétit baisse, les capitaux repartent. IBIT symbolise à la fois l’ouverture et l’instabilité du marché.
Et un point important reste souvent oublié : même en période de sorties, BlackRock continue de gagner. Les frais de gestion appliqués sur IBIT, même faibles individuellement, génèrent des revenus colossaux à l’échelle d’un produit qui pèse des dizaines de milliards. L’ETF a rendu Bitcoin accessible au grand capital, mais il a aussi offert à BlackRock une nouvelle machine à rendement.
Pourquoi sa position pèse sur l’industrie crypto
Quand BlackRock parle, le marché écoute. La prise de parole de Fink va servir de repère pour les gestionnaires d’actifs et les investisseurs traditionnelles. Ce discours pourrait ralentir l’excès d’euphorie tout en légitimant l’entrée progressive de capitaux institutionnels. Entre retenue et ouverture, il dessine une trajectoire médiane : adoption, oui — idéalisation, non.
La crypto n’a jamais eu besoin d’un discours purement enthousiaste pour avancer. Elle progresse parce qu’elle teste, secoue, et continue d’exister malgré les doutes. La position de Fink ne freine pas Bitcoin : elle l’ancre dans un monde où l’argent respecte encore les règles du risque et du rendement.
Source : New York Times
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