Un député philippin propose la création d’une réserve stratégique en bitcoin. Le projet, ambitieux, prévoit l’accumulation de 10 000 BTC sur cinq ans, avec un gel de 20 ans. Une initiative qui pourrait placer les Philippines parmi les pays les plus avant-gardistes en matière de cryptomonnaies.
Un plan national de stockage sur 20 ans
La proposition, baptisée Strategic Bitcoin Reserve Act, a été introduite par le député Miguel Luis Villafuerte. Si elle est adoptée, la banque centrale philippine devra acquérir 2 000 bitcoins par an durant cinq années consécutives. Ainsi, ces fonds seront ensuite conservés dans un cold wallet pour une durée minimale de 20 ans.
Cependant, cette réserve de bitcoin ne pourrait être utilisée qu’à une seule condition : rembourser la dette publique du pays. Toute autre vente ou usage serait strictement interdit. À l’issue de la période de blocage, seule une fraction des actifs (maximum 10% tous les deux ans) pourrait être cédée.
En effet, ce projet vise clairement à positionner les Philippines comme une nation proactive face à l’évolution des cryptos. Il repose sur un constat fort : « Le bitcoin prend une place croissante dans l’équilibre économique mondial ».
De plus, le projet encadre rigoureusement les modalités de la création et la gestion de la potentielle réserve. Ainsi, Des règles particulières relatives à la preuve des réserves et à la gestion des wallets seraient fixées par voie réglementaire.
Un pari risqué, entre vision stratégique et prudence
Avec cette proposition, les Philippines rejoindraient le Salvador ou le Bhoutan dans le cercle fermé des États qui accumulent du BTC à des fins stratégiques.
À ce jour, plus de 517 000 BTC seraient déjà détenus par des gouvernements à travers le monde, soit environ 2,46% de l’offre totale.

Top 10 des pays détenteurs de BTC – Source : Bitbo
Mais le projet suscite aussi des interrogations locales, notamment sur le risque de volatilité et l’opportunité d’utiliser l’argent public pour un actif encore instable. Des figures du secteur crypto philippin, tout en saluant une initiative “visionnaire”, soulignent les limites d’un tel investissement.
Ainsi, c’est notamment le cas de Miguel Antonio Cuneta, cofondateur d’une ancienne plateforme de cryptomonnaie, qui suggère de limiter l’exposition à une part très réduite du budget national.
Un autre expert, Paul Soliman, met en avant les avantages de transparence inédite que peut offrir une telle réserve si les portefeuilles du gouvernement sont rendus publics. Cette transparence pourrait, selon lui, créer un nouveau lien de confiance entre l’État et les citoyens.
Toutefois, la réussite d’un tel projet dépendrait aussi d’un investissement en éducation financière pour la population. Sans cela, les risques de malentendus ou de critiques publiques pourraient s’accroître.
Enfin, la proposition envoie un signal fort aux institutions nationales, en appelant à mieux encadrer les cryptos, y compris ceux issus de saisies judiciaires.
Source : Congress Doc
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