Un homme de 39 ans originaire de New York a été condamné à 15 mois de prison pour avoir usurpé l’identité de plusieurs influenceurs crypto sur Telegram afin d’escroquer ses victimes via une fausse opportunité de staking. Noman Saleem a ainsi dérobé au moins 1,4 million de dollars en cryptomonnaies et en espèces avant de couper tout contact avec ses victimes. L’affaire illustre la sophistication croissante des arnaques crypto sur les plateformes de messagerie, où la confiance accordée à des figures publiques est délibérément détournée.
Le fonctionnement de l’arnaque au staking sur Telegram
À partir de décembre 2020, Saleem a créé des comptes Telegram imitant deux influenceurs crypto bien connus, attirant ainsi des milliers d’abonnés sur des canaux publics. Il facturait ensuite entre 500 et 600 dollars en crypto pour accéder à un canal « VIP » privé, où les membres croyaient dialoguer directement avec le véritable influenceur.
Dans ces espaces fermés, il promettait des rendements de staking sur des périodes de 30 à 90 jours, assurant à ses cibles que plus elles investissaient, plus elles gagneraient. Le staking consiste normalement à immobiliser des tokens pour sécuriser un réseau blockchain en échange d’un rendement annuel, généralement compris entre 5 % et 20 %. Selon les procureurs, Saleem n’a en réalité jamais staké quoi que ce soit – les fonds étaient simplement détournés vers des portefeuilles qu’il contrôlait. Ce type de montage, qui exploite le vocabulaire technique légitime de la crypto pour crédibiliser une fraude, est précisément ce qui est décrit dans les alertes sur les fausses promesses de rendements crypto.
Une condamnation à 15 mois qui envoie un signal
La juge fédérale Deborah K. Chasanow a prononcé la peine le 3 mars 2026 au tribunal de district du Maryland, à Greenbelt. Saleem, qui avait plaidé coupable d’un chef de fraude électronique en septembre 2025, encourt jusqu’à 20 ans de prison selon le droit fédéral américain. Il a finalement écopé de 15 mois d’emprisonnement assortis de trois ans de liberté surveillée.
Le bureau du procureur fédéral du Maryland a conduit les poursuites en raison de la présence d’au moins une victime dans cet État, bien que Saleem réside à Queens et Levittown, dans l’État de New York. L’enquête, menée par le bureau local du FBI à Baltimore, a permis de récupérer la majorité des fonds dérobés. Le montant total de la fraude est estimé par les autorités à au moins 1,79 million de dollars, un chiffre supérieur aux 1,4 million initialement évoqués dans les médias.
Ce que cette condamnation révèle pour les investisseurs particuliers
Cette affaire s’inscrit dans une tendance documentée de fraudes crypto sur Telegram, où des imposteurs exploitent la notoriété d’influenceurs réels pour soutirer des fonds à des investisseurs en quête de rendements passifs. Les signaux d’alarme sont clairs : un canal Telegram payant, des promesses de rendements garantis, et une demande d’envoi direct de cryptos vers un portefeuille personnel doivent immédiatement alerter. Les vrais influenceurs et projets légitimes ne sollicitent jamais leurs abonnés de cette manière.
Le dossier Saleem illustre également que les autorités américaines intensifient leur surveillance des fraudes habillées du vocabulaire crypto, comme en témoignent des affaires similaires liées à la manipulation de tokens ciblant les investisseurs particuliers. Pour le secteur, cette condamnation confirme que l’impunité supposée des escroqueries sur messagerie chiffrée est désormais une illusion.
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