Les banques italiennes se prononcent en faveur du projet de la Banque centrale européenne (BCE) d’euro numérique. Le projet de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) n’est pour l’instant qu’une ébauche mais devrait prendre corps progressivement au cours des prochaines années.
Elles restent toutefois prudentes, conscientes des défis que cette MNBC comporte. Entre disruption du monde bancaire, innovation technologiques et protection des citoyens. Reste aussi un sujet et non des moindres : le financement.
Pourquoi les banques italiennes soutiennent l’euro numérique
L’association des banques italiennes Associazione Bancaria Italiana (ABI) a déclaré que l’euro numérique constitue un vecteur de « souveraineté numérique » pour l’Europe. L’idée est que le rôle et l’argent de la banque centrale restent pertinents, même dans une économie toujours plus numérique.
D’autant plus en réaction face à la montée des prestataires de paiement non européens et des émetteurs de stablecoins (Tether et Circle). Dans ce cadre, les banques italiennes voient un intérêt à ce que la monnaie centrale évolue avec les usages, et que l’accès à un wallet numérique émis par la BCE soit possible pour les citoyens du continent.
🚨 JUST IN: 🇮🇹 Italy's banks back digital euro but urge ECB to spread out costs.
Key point: They want a gradual rollout to avoid heavy upfront expenses for banks.
A sign of the practical challenges ahead for the #DigitalEuro. #CBDC #ECB #Banking pic.twitter.com/zn2VXt3g6I
— Markri (@markry99) November 9, 2025
En outre, certaines banques européennes ont déjà exprimé leur soutien, à la condition de faire pleinement partie de l’écosystème. La blockchain et ses usages a de quoi disrupter la rente bancaire… Par exemple, le patron de UniCredit a déclaré : « C’est une question de souveraineté pour l’Europe ».
Enfin, le calendrier envisagé par la BCE prévoit un pilote en 2027 et un lancement autour de 2029, sous réserve que les Etats membres adoptent le cadre légal proposé d’ici 2026. Ainsi, les banques italiennes estiment que ce projet peut être un moteur d’innovation pour le système financier européen, trop à la traîne sur ce sujet.
Investissements et défis techniques
Malgré leur soutien, les banques italiennes tiennent à rappeler que les efforts d’implémentation ont un coût très élevé. L’ABI indique que les investissements devraient être étalés dans le temps. Ces développements seront coûteux et l’ABI ne veut pas que la transition pèse trop lourdement sur le capital et les dépenses des établissements.
C’est un point primordial de cette nouvelle architecture financière. Si la migration vers un euro numérique impose une refonte des systèmes de paiement, de la conformité, de la technologie, alors les banques s’inquiètent de l’impact direct sur leur rentabilité.
De plus, certaines banques en France et en Allemagne font preuve de prudence. Elles craignent notamment que le wallet de la BCE ne fasse concurrence aux dépôts des banques commerciales. Or cela créerait une nouvelle concurrence, qui pourrait radicalement modifier leur modèle économique.
JUST IN: Italy’s banks support ECB’s digital euro plan, but want to spread out costs over time, per Reuters. #crypto
— CryptOpus (@ImCryptOpus) November 9, 2025
Les banques italiennes plaident pour un « approche jumelée » : d’un côté une monnaie digitale de banque centrale, de l’autre des monnaies digitales commerciales qui pourraient se développer plus vite. L’essentiel pour l’ABI est que l’Europe ne prenne pas de retard, et commence aux plus vites ces implémentations.
Enfin, le cadre législatif reste à définir clairement d’ici 2026. A priori, il y a de fortes chances que les échéances actuelles ne soient pas gravées dans le marbre. Ceci soulève des questions de planification et de risque opérationnel pour les banques.
Le soutien des banques italienne est réel mais elles demandent des contreparties.
Les banques commerciales attendent que l’UE les impliquent à chaque étape de construction de cette MNBC. Leur gagne-pain est clairement en jeu avec l’avènement des cryptomonnaies. A voir si le projet de « SEC à l’européenne » y jouera un rôle.
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