Le PDG de Blockstream Adam Back a publiquement qualifié les partisans du BIP-110 de « They don’t know Bitcoin » alors que la date limite d’activation du fork controversé – fixée au bloc 961 632 – n’est plus qu’à trois semaines, soit début août 2026.
Un fork conçu pour bannir les Ordinals, mais sans soutien minier
Le BIP-110 est un soft fork temporaire conçu pour « cleanse Bitcoin of NFT-like Ordinals inscriptions for one year ».
La réponse d’Adam Back sur X a été lapidaire : selon lui, les partisans du fork sont des Bitcoiners certes bien intentionnés, mais qui ne comprennent pas « how Bitcoin works » et confondent un véritable consensus de réseau avec des ultimatums diffusés sur les réseaux sociaux. Il prédit qu’une partie d’entre eux « sera désillusionnée dans quelques semaines » lorsque la chaîne minoritaire se formera puis s’effondrera.
Pour comprendre les enjeux techniques du débat, notre analyse détaillée du BIP-110 et de ses implications pour le réseau revient sur les mécanismes d’activation et les risques d’un split de chaîne.
Des chiffres qui condamnent l’activation avant même la deadline
Les statistiques on-chain ne laissent guère de place à l’ambiguïté. Le taux de signalisation des pools miniers en faveur du BIP-110 stagne à 0,86 % au 20 juillet 2026, selon les données rapportées par U.Today. Pour que le soft fork s’active selon ses propres règles réduites, il faudrait atteindre 55 % de la puissance de hachage du réseau – un seuil déjà très élevé à atteindre alors que la signalisation reste sous 1%.
Aucun contrat à terme coté en bourse n’a émergé sur ce fork.
Le projet ne dispose pas non plus de liquidités significatives ni de financement structuré.
Adam Back n’a pas manqué de railler les organisateurs pour leur incapacité à monétiser la campagne et à lever des fonds pour ce qu’il a ironiquement désigné comme une « cypherpunk afterparty ».
La communauté Bitcoin est néanmoins divisée sur le fond. D’un côté, les partisans du BIP-110 estiment que les transactions d’inscription constituent du « spam » menaçant la décentralisation du réseau. De l’autre, des figures comme Adam Back et le fondateur de Strategy Michael Saylor – qui a récemment publié un manifeste contre le fork – défendent le principe d’une neutralité économique de Bitcoin : les frais de transaction doivent être déterminés par le marché, et tout filtrage de données constitue une forme de censure subjective incompatible avec la nature du système.
Les positions de Michael Saylor sont présentées, dans ce débat, comme défendant une approche où Bitcoin doit rester économiquement neutre.
Ce qui se passe au bloc 961 632 : split minoritaire ou non-événement ?
Lorsque la fenêtre de signalisation obligatoire entrera en vigueur au bloc 961 632, les nœuds ayant adopté les règles du BIP-110 commenceront à rejeter les blocs standards ne signalant pas leur soutien au fork. Ce mécanisme créera mécaniquement une bifurcation de la chaîne Bitcoin.
Cependant, la chaîne minoritaire issue de ce split ne disposera d’aucune puissance de calcul suffisante pour subsister. Adam Back anticipe qu’elle atteindra immédiatement un cul-de-sac : « 110 forks off and stalls ».
La question qui demeure ouverte n’est donc plus de savoir si le BIP-110 s’activera – les données le rendent quasi impossible – mais si le mouvement qui l’a porté laissera une trace durable dans le débat sur la gouvernance de Bitcoin et la place des données non monétaires dans ses blocs. La prochaine date clé reste le bloc 961 632, attendu fin juillet / début août 2026.
Liquid Network : la véritable alternative pour désengorger la blockchain principale

Face à la saturation des blocs causée par les Ordinals, le réseau Liquid Chain (Liquid Network) s’impose comme la réponse la plus mature et pragmatique de l’écosystème, loin des tensions destructrices d’un fork. Développée par Blockstream, cette sidechain de premier plan permet de déporter les actifs numériques et les transactions complexes hors de la chaîne principale de Bitcoin, garantissant ainsi des transactions ultra-rapides, confidentielles et à moindres frais. Plutôt que de tenter de censurer le protocole de base via des initiatives comme le BIP-110, Liquid Chain démontre qu’il est possible de préserver la neutralité économique de Bitcoin tout en offrant un espace d’innovation performant et sécurisé pour les utilisateurs.
Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.