Le bras de fer entre Coinbase et la Securities and Exchange Commission (SEC) prend une nouvelle tournure en ce mois. La plateforme d’échange accuse l’agence fédérale d’opacité après la disparition de SMS envoyés ou reçus par Gary Gensler, son président, à des moments stratégiques.
L’affaire met le doigt sur des problématiques quant à la transparence de l’institution et l’impartialité de sa politique crypto.
Un contentieux qui ne faiblit pas
Depuis 2023, les relations entre Coinbase et la SEC se sont envenimées. Le régulateur avait accusé la plateforme d’échange de violer les lois sur les valeurs mobilières, un procès finalement abandonné début 2025.
Mais l’amertume persiste. Coinbase reproche à la SEC une formule punitive, fondée davantage sur la confrontation que sur la clarté réglementaire.
Sous Gary Gensler, la Commission a multiplié les procédures avec d’importantes ressources publiques. Coinbase exige aujourd’hui un inventaire précis : qu’est-ce que tout cela a coûté aux contribuables, combien d’heures de travail, combien de sous-traitants engagés dans cette croisade anti-crypto ?
Pour la plateforme, la réponse est déterminante afin de savoir si la politique de Gensler a servi l’intérêt général ou si elle a freiné l’innovation au prix fort.
Les SMS disparus : une étincelle qui ravive la crise
L’affaire a pris un tournant explosif quand Coinbase a découvert que de nombreux SMS de Gary Gensler avaient disparu.
Ces échanges couvraient sa période d’entrée en fonction et pouvaient contenir des informations clés sur la stratégie de régulation. Selon Coinbase, leur absence est troublante et met en doute la transparence de l’agence.

Dès avril 2025, la société a activé la Freedom of Information Act (FOIA) pour réclamer l’accès à ces communications ainsi qu’à toutes les données liées aux dépenses de la SEC dans sa politique crypto.
La requête prend par ailleurs en compte les échanges personnels de Gensler, ce que l’Agence a catégoriquement refusé, en invoquant la protection de la vie privée. L’affaire est désormais portée devant les tribunaux.
Un débat juridique sur l’impartialité de Gensler
En juillet 2024, la juge Katherine Polk Failla avait refusé que Gary Gensler soit personnellement assigné par Coinbase.
Elle a estimé que cibler le président directement était une démarche excessive. En alternative, elle a invité la société à s’adresser à la SEC en tant qu’institution. Coinbase a donc dû revoir sa stratégie, mais n’a pas renoncé.
Avec cette querelle, il y a une question qui se pose : jusqu’où un responsable public peut-il être tenu comptable de ses communications privées quand elles influencent des décisions réglementaires ? L’industrie crypto observe avec attention ce bras de fer qui pourrait faire jurisprudence.
Coinbase, porte-voix de la transparence
Paul Grewal, chief legal officer de Coinbase, multiplie les interventions publiques. Selon lui, la démarche vise à défendre l’intérêt public et la démocratie, pas seulement les intérêts de l’entreprise.
Il accuse la SEC d’avoir mené une guerre idéologique contre la crypto et englouti des millions de dollars dans une politique de répression qui aurait pu être évitée par un cadre réglementaire clair.
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