Le parti UDR, emmené par Éric Ciotti, dégaine une proposition de loi “pro-crypto” au spectre large. Elle vise la souveraineté financière, mais aussi l’adoption concrète des cryptomonnaies au quotidien.
Une réserve de bitcoins pour la souveraineté
Ainsi, le texte articule trois chantiers : une réserve stratégique de Bitcoin, un boost pour les stablecoins euro, et l’ouverture d’un PEA crypto via des produits cotés. L’ambition est claire : replacer la France dans le peloton de tête.
Pour une France souveraine et innovante : réserve nationale de bitcoins, minage adossé au nucléaire, stablecoins en euro et crypto-actifs dans le PEA !
Une proposition de loi du @groupeudr pour adapter la France au nouvel ordre monétaire ! pic.twitter.com/T0PBBTcQ4C
— Eric Ciotti (@eciotti) October 28, 2025
Premier axe : la création d’un Établissement public chargé d’accumuler 2% de l’offre totale de Bitcoin en sept à huit ans, soit environ 420 000 BTC. En effet, l’idée consiste à diversifier les réserves de change avec un actif rare. Par conséquent, le dispositif s’inscrit comme un complément à l’or détenu par l’État, et non comme un substitut.
Pour financer cette trajectoire, plusieurs leviers concrets arrivent sur la table. D’abord, conserver systématiquement les BTC saisis lors des procédures judiciaires. Ensuite, miner du Bitcoin à partir d’excédents énergétiques, notamment nucléaires et hydrauliques. De plus, le texte envisage d’affecter jusqu’à 25% des flux du Livret A et du LDDS à des achats quotidiens, ce qui instituerait une stratégie d’accumulation régulière.
Cependant, le projet n’ignore pas la réalité budgétaire. La dette publique culmine et l’euro s’est érodé dans le temps. En revanche, Bitcoin a historiquement progressé, malgré sa volatilité. Le pari consiste donc à introduire un actif au profil asymétrique dans le bilan public. Toutefois, les auteurs rappellent que cette réserve n’est pas une “solution miracle” : elle doit s’inscrire dans un effort plus vaste de maîtrise des dépenses et de réduction des déficits.
Au-delà de la macro, cette réserve jouerait aussi un rôle symbolique. Ainsi, la France enverrait un signal d’alignement avec une dynamique internationale de réévaluation des cryptos. C’est pourquoi le calendrier proposé (7 à 8 ans) cherche à lisser le risque et à capter des phases de marché différentes.
Stablecoins, PEA et industrie : accélérer l’usage
Deuxième axe : l’usage. Le texte propose d’autoriser des paiements du quotidien en stablecoins euro jusqu’à 200 euros/jour sans événement fiscal. De ce fait, les particuliers pourraient régler des biens et services en stablecoin adossée à l’euro, sans paperasse. Parallèlement, le paiement des impôts en stablecoins serait permis. En effet, l’objectif est double : fluidifier les paiements et faire émerger une demande domestique qui, ensuite, stimulera l’offre européenne.
Sur le plan réglementaire, les députés veulent assouplir MiCA sur certains points afin de faciliter l’émission de stablecoins par des acteurs européens. En revanche, ils affichent une prudence nette vis-à-vis d’un euro numérique de Banque Centrale jugé intrusif. Ainsi, la priorité va à des solutions de marché plutôt qu’à une monnaie digitale de banque centrale trop centralisée.
Troisième axe : l’écosystème industriel. Le texte ouvre le PEA crypto via des ETFs, afin de canaliser l’épargne vers les cryptos, mais dans un cadre boursier familier. De plus, il plaide pour une révision des règles prudentielles européennes (pondération de risques) afin de rendre possibles des prêts lombards adossés à ces actifs. Par conséquent, les banques pourraient financer l’économie crypto avec des exigences de capital mieux calibrées.
Côté énergie, la proposition demande d’adapter la fiscalité de l’électricité et les tarifs réseau (TURPE) pour reconnaître le minage comme charge flexible. En effet, les mineurs peuvent s’effacer aux heures de pointe et absorber des surplus en creux. Notamment, cette flexibilité crée une valeur réelle pour le système, tout en ancrant une industrie stratégique sur le territoire.
Toutefois, l’adoption du texte reste incertaine au vu du poids parlementaire du groupe. En revanche, le signal politique est fort : la France peut saisir l’instant, alors que les États-Unis et d’autres juridictions accélèrent.
Source : X (Twitter)
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