L’entreprise ETHZilla (ETHZ) vient de réaliser une opération d’urgence. Elle a vendu pour environ 40 millions de dollars d’Ethereum afin de financer un programme de rachat d’actions.
Cette décision marque un tournant dans la façon dont les sociétés de trésorerie crypto gèrent leurs actifs. En effet le dilemme auquel elle fait face actuellement concerne aussi d’autres trésors crypto et pourrait signaler une tendance pour les prochaines semaines…
Vente de jetons pour soutenir l’action
La société de trésor dédiée à l’accumulation d’ETH, ETHZilla a annoncé qu’elle avait vendu près de 40 millions de dollars de tokens aux alentours des 3 900 $. Cette somme sera dédiée à un programme de rachat d’actions d’un montant autorisé de 250 millions $ par son conseil d’administration.
L’entreprise détient encore environ 102 000 ETH, soit près de 400 millions $ au moment de l’annonce. Le but est de réduire l’écart entre la valeur comptable de ses actifs (mNAV) et la valorisation de son titre en bourse. Si son ratio mNAV reste pour l’instant positif (1.11), il s’approche dangereusement du 1 pour 1.

Dans la sphère Bitcoin, c’est le géant japonais Metaplanet qui a également annoncé un programme de rachat d’actions. Avec une nuance importante : l’initiative est financée par un prêt adossé à Bitcoin. Et non par la vente directe de jetons, ce qui impacte moins le prix de l’actif sous-jacent.
À la suite de l’annonce, le cours de l’action a grimpé d’environ 14,5 % puis encore de 9 % après séance, marquant un regain de confiance des investisseurs. Cette opération suscite toutefois des questions : pourquoi vendre ses précieux Ethereum en plein bull run?
Une mise à jour du modèle de trésorerie crypto ?
Le geste peut sembler paradoxal dans un univers crypto où l’on attend souvent que les entreprises témoignent de leur conviction. ETHZilla justifie cette vente comme un arbitrage stratégique, priorisant la solvabilité et la valorisation de l’action au détriment de la conservation d’actifs.
Cette opération reflète une tendance plus large. Les entreprises de trésorerie crypto adoptent désormais des mécanismes financiers classiques comme le rachat d’actions. Ce mouvement s’est d’ailleurs amplifié ces dernières semaines.
Pour les investisseurs, cela change les repères et les modèles de risque. Il faut donc les réadapter voire réévaluer sa thèse d’investissement. Du côté des entreprises, vendre un actif crypto pour racheter ses actions peut être perçu comme un signe de panique.
0/ ETHZilla today announced share buyback of approximately $40 million as ETHZ trades at a significant discount to NAV. Since Friday, October 24, we have repurchased ~600,000 shares for roughly $12M under the $250M buyback authorization, and plan to continue to repurchase our…
— ETHZilla (@ETHZilla_ETHZ) October 27, 2025
Autrement dit, la réaction peut donner l’impression d’un risque mal calculé à la base. Cependant, cela peut aussi les renforcer sur le long terme en ajustant leur stratégie, renforçant la valeur par action (ETH/action). Cela peut aussi être interprété comme une reconnaissance que la simple détention n’est pas autosuffisante.
Ce modèle pourrait probablement influencer d’autres acteurs comme SharpLink Gaming (SBET), BitMine (BMNR) ou toute autre société cotée détenant de l’Ethereum. Cela dit, ce type de manœuvre n’est pas sans risque. Vendre un actif crypto peut entraîner un coût d’opportunité si le prix continue de monter. L’opération doit être mûrement réfléchie.
D’autant plus si cette action entame les capacités futures de l’entreprise à accumuler des ETH, ce qui est devenu son cœur de métier.
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