Hong Kong continue d’avancer méthodiquement dans la régulation des stablecoins. Après avoir posé un cadre juridique clair en 2025, la place financière asiatique s’apprête désormais à franchir une nouvelle étape clé avec l’octroi des toutes premières licences officielles pour les émetteurs de stablecoins. Une avancée majeure, mais volontairement progressive.
Des premières licences délivrées avec prudence
Selon les informations rapportées par Reuters, l’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) prévoit d’accorder ses premières licences d’émetteurs de stablecoins dès le mois de mars. Toutefois, le régulateur ne compte pas ouvrir grand les vannes. Lors d’une intervention devant le Conseil législatif, son directeur général, Eddie Yue, a précisé qu’un nombre très limité d’acteurs serait autorisé dans cette première phase.
Cette prudence s’explique par la volonté des autorités de s’assurer que seuls des projets solides, techniquement aboutis et conformes aux exigences réglementaires puissent opérer.
La HKMA examine actuellement les candidatures sous plusieurs angles clés avec la pertinence des cas d’usage, la gestion des risques, les mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et la qualité des actifs servant de réserve aux stablecoins.
Les émetteurs retenus devront également se conformer strictement aux règles de Hong Kong concernant les activités transfrontalières, un point particulièrement sensible dans un contexte de circulation internationale des capitaux numériques.
Un cadre réglementaire déjà en place
Cette étape s’inscrit dans la continuité de l’ordonnance sur les stablecoins, entrée en vigueur en août dernier. Ce texte impose à tout émetteur souhaitant opérer à Hong Kong d’obtenir une licence délivrée par la HKMA.
Le secrétaire aux Finances, Paul Chan, avait d’ailleurs confirmé en janvier que les premières licences étaient attendues au cours du premier trimestre 2026, conformément au principe de régulation même activité, même risque, même réglementation. Une approche qui vise à aligner les crypto-actifs sur les standards du système financier traditionnel.
Eddie Yue a également rappelé que de nombreux candidats initiaux n’étaient pas prêts. Certains projets manquaient de plans opérationnels crédibles, tandis que d’autres ne disposaient pas des compétences techniques nécessaires pour assurer l’émission et la gestion d’un stablecoin à grande échelle.
Banques et grandes institutions en embuscade
L’intérêt pour ces licences reste néanmoins très élevé. Dès octobre, la HKMA indiquait avoir reçu 36 candidatures lors de la première vague. Parmi les acteurs potentiels figurent des poids lourds de la finance et du Web3.
Standard Chartered Hong Kong et Animoca Brands ont ainsi créé une entité dédiée, Anchorpoint Financial Limited, dans le but d’obtenir une licence locale. De leur côté, HSBC et l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), la plus grande banque mondiale en termes d’actifs, ont également affiché leurs ambitions sur le marché des stablecoins hongkongais.
Malgré cela, la HKMA insiste sur le fait que les premières licences ne doivent pas être interprétées comme une validation officielle de certains modèles économiques. Pour l’instant, le registre public des émetteurs agréés, lancé en juillet 2025, demeure vide, preuve que Hong Kong avance, mais sans précipitation.
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