Plus de deux ans après l’effondrement spectaculaire de la plateforme FTX, les conséquences judiciaires continuent de se multiplier. Cette fois, ce sont les utilisateurs lésés qui viennent de franchir une étape importante en annonçant un accord de principe avec le cabinet d’avocats Fenwick & West, accusé d’avoir joué un rôle central dans la fraude ayant conduit à la chute de l’exchange.
Déposé en 2023, le recours collectif visait plusieurs acteurs gravitant autour de FTX, dont ses conseillers juridiques. L’accord proposé devra encore être validé par un tribunal fédéral américain à la fin du mois de février.
Un cabinet accusé d’avoir facilité la fraude FTX
Dans leur plainte, les utilisateurs de FTX reprochaient à Fenwick & West d’avoir joué un rôle clé et crucial dans la mise en place des mécanismes ayant permis la fraude. Selon eux, l’effondrement de FTX n’aurait pas pu avoir lieu sans l’assistance substantielle fournie par le cabinet.
Les accusations sont lourdes : Fenwick aurait conseillé FTX sur la manière de structurer ses activités afin d’éviter certaines obligations réglementaires, notamment l’enregistrement en tant qu’opérateur de transfert de fonds. La plainte évoque également une connaissance présumée de la confusion des fonds entre FTX et Alameda Research, le hedge fund fondé par Sam Bankman-Fried.
Ces éléments ont conduit les plaignants à estimer que le cabinet ne s’était pas contenté de fournir des services juridiques classiques, mais qu’il aurait activement contribué à l’architecture ayant permis des abus massifs.
Un accord confidentiel et une bataille judiciaire plus large
Si Fenwick & West a toujours nié ces accusations, affirmant n’avoir fourni que des services légaux et routiniers et n’avoir eu aucune connaissance d’une fraude, la justice a estimé en novembre dernier que la plainte pouvait se poursuivre. Le tribunal a alors rejeté la demande du cabinet visant à faire classer l’affaire sans suite.
L’accord annoncé cette semaine reste entouré de mystère. Aucun détail financier n’a été communiqué et les deux parties ont demandé la suspension de toutes les procédures en cours dans l’attente de l’approbation judiciaire.
Cette affaire s’inscrit dans un contentieux bien plus vaste. Depuis la faillite de FTX fin 2022, les utilisateurs ont engagé des poursuites contre de nombreux acteurs dont la plateforme elle-même, des célébrités accusées d’en avoir fait la promotion, ainsi que plusieurs cabinets et entreprises partenaires.
À titre d’exemple, une plainte similaire visant le cabinet Sullivan & Cromwell a eu lieu en 2024, avant abandon quelques mois plus tard faute de preuves suffisantes.
Même si cet accord ne marque pas la fin des poursuites liées à FTX, il illustre une chose c’est que la chute de l’exchange continue de faire trembler l’écosystème crypto, bien au-delà de ses fondateurs, en mettant sous pression tous les acteurs ayant gravité autour de l’un des plus grands scandales de l’histoire du secteur.
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