L’usage des cryptomonnaies progresse rapidement au Venezuela. La raison ? Une population qui souhaite protéger son pouvoir d’achat, surtout avec la dépréciation constante du bolívar. Aujourd’hui, une personne sur dix utilise les actifs numériques pour ses paiements quotidiens. Cette part augmente chaque année et modifie peu à peu les stratégies financières du pays, ainsi que le cadre légal qui régit l’usage de la crypto.
Une adoption qui dépasse les 100 M$ mensuels en transactions P2P
Les données publiées par l’ingénieur Aníbal Garrido montrent une tendance nette : le Venezuela grimpe à la deuxième place de l’adoption crypto en Amérique latine. Le pays se situe ainsi juste derrière le Brésil. Pour contrecarrer les effets de l’inflation, plus de 100 millions de dollars de transaction peer-to-peer sont enregistrées chaque mois. De plus, une part croissante de la population utilise l’USDT pour ses achats au quotidien.
Une étude publiée par Chainalysis confirme cette dynamique. Le rapport estime à 100 % la croissance annuelle de l’usage crypto dans le pays. Deux motifs principaux sont évoqués :
- Les citoyens veulent préserver la valeur de leurs revenus
- Ils cherchent aussi un écosystème monétaire fiable et qui s’adapte rapidement à leurs exigences
Dans ce contexte, l’usage régulier de stablecoins comme l’USDT leur offre une protection immédiate contre les variations du taux de change. Enfin, cette progression repose sur un cadre légal considéré comme l’un des plus structurés au monde.
A ce propos, Garrido estime que des améliorations restent possibles, mais il souligne que la réglementation actuelle rassure déjà les acteurs locaux. Et Sunacrip, l’autorité nationale, continue d’émettre des licences pour les plateformes et applications crypto, malgré sa mise sous administration.
Un marché structuré autour de mécanismes opérationnels déjà fonctionnels
À ce jour, seules deux entreprises — Crixto et Kontigo — disposent d’une autorisation officielle de Sunacrip pour traiter les échanges crypto. Mais selon Garrido, d’autres acteurs devraient arriver rapidement.
Sur le terrain, les commerçants jouent un rôle central dans l’essor de l’usage crypto au Venezuela. Les solutions déjà en place permettent de payer en USDT, tandis que le vendeur reçoit le montant final en bolívars, au taux officiel. Ce fonctionnement protège le client de l’inflation et évite au commerçant d’être exposé à la volatilité des cryptomonnaies, car la conversion se fait automatiquement.
Tokenisation : la prochaine étape pour contourner les limites financières
D’autre part, la tokenisation devient un sujet central au Venezuela, car elle permettrait d’élargir l’usage actuel des cryptomonnaies dans le pays. L’idée est simple : transformer une information financière en un jeton numérique sécurisé, lié à sa valeur d’origine. Pour Garrido, cette technologie ouvrira de nouveaux accès aux services financiers internationaux, un domaine où les citoyens restent encore très limités.
Concrètement, un utilisateur pourrait convertir ses bolívars en USDT. Ensuite, il utiliserait ces USDT pour acheter des parts d’actions américaines sous forme de jetons. Ce fonctionnement créerait une porte d’entrée vers des investissements qui sont aujourd’hui inaccessibles pour la plupart des Vénézuéliens. Et surtout, il repose sur des outils numériques que le pays a déjà commencé à adopter.
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