Et si la suite du cycle paraissait moins spectaculaire à l’écran, tout en devenant plus solide sous le capot ? C’est, en substance, le message de Michael Saylor chez Natalie Brunell : à mesure que les grandes institutions prennent position, la volatilité de Bitcoin devrait mécaniquement baisser. Certes, le propos déçoit les amateurs de montagnes russes, d’autant que le prix navigue latéralement depuis le pic du 14 août. Mais, justement, explique Saylor, cette phase « plus ennuyeuse » fait partie du processus de maturation qui rend l’actif plus investissable à grande échelle.
Moins de frissons, plus de taille: le pari institutionnel
D’abord, replacer le débat. L’entrée d’acteurs qui gèrent des centaines de milliards impose des contraintes de risque et de gouvernance incompatibles avec des mouvements à deux chiffres chaque semaine. Par conséquent, viser une volatilité réalisée plus basse n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une condition d’adoption. Ensuite, l’arithmétique est simple: si des bilans long terme et des produits indiciels accumulent, ils lissent le flux acheteur et amortissent, en partie, les chocs vendeurs.
Par ailleurs, cette « normalisation » du va-et-vient des prix n’empêche pas les tendances de fond; elle réduit surtout la fréquence des excès. Enfin, pour les gérants traditionnels, un actif moins erratique passe de « spéculation » à « allocation », ce qui élargit le bassin de capitaux sans forcément réduire la performance sur la durée.
The digital gold rush ends ~January 7, 2035. Get your Bitcoin before there is no Bitcoin left for you.
— Michael Saylor (@saylor) May 18, 2025
Le dilemme de Saylor: quand l’adrénaline retombe
Ensuite, admettre l’autre face du miroir. Saylor parle d’un dilemme: moins de volatilité signifie moins d’adrénaline pour une frange des particuliers qui vit au rythme des pumps et des dumps. Or, depuis le record de mi-août, le marché a consolidé, et la première baisse de taux de septembre semblait déjà largement intégrée.
Par conséquent, la sensation de « calme plat » alimente une lassitude de court terme, parfois confondue avec un signal baissier. Pourtant, nuance Saylor, cette période d’« éducation du marché » correspond à une étape de croissance structurelle: nouveaux produits, nouveaux modèles, et, inévitablement, erreurs visibles en chemin… mais aussi fortunes créées.
Autrement dit, l’ennui apparent masque une réallocation silencieuse vers des mains plus patientes.
Ennuyeux… mais pas immobile: les scénarios qui peuvent tout réveiller
Par ailleurs, le consensus reste étonnamment dispersé. D’un côté, les optimistes les plus offensifs envisagent encore 150 000 à 250 000 dollars d’ici la fin d’année si la détente monétaire s’enchaîne et si la demande nette s’accélère. De l’autre, des voix prudentes rappellent la mécanique cyclique: un sommet peut se former sans prévenir, et une chute de 70 % reste statistiquement possible au prochain marché baissier, quelle que soit la hauteur du pic.
Entre ces extrêmes, la trajectoire réaliste suppose des « marches » successives: d’abord, des consolidations au-dessus de niveaux de coût des entrants récents; ensuite, des tentatives de découverte de prix; enfin, des essoufflements ponctuels qui n’invalident pas la tendance. Surtout, si d’autres baisses de taux intervenaient avant décembre, l’arbitrage risque/retour des allocataires pourrait, à nouveau, pencher en faveur des actifs alternatifs.
Et, pendant ce temps, les bilans d’entreprises continuent d’empiler: les sociétés cotées détiendraient déjà plus de 100 milliards de dollars de BTC, signe d’une base structurelle qui s’épaissit.
Comment investir un marché qui se « normalise » sans s’endormir
Premièrement, dans un régime de volatilité plus basse, la prime revient à la discipline: paliers d’entrée et de sortie, tailles adaptées, et priorité à la durée d’exposition plutôt qu’au timing héroïque. Deuxièmement, il devient utile de surveiller des indicateurs de « respiration » plutôt que de pur élan: financement des dérivés, écart des contrats, profondeur de carnet et, surtout, métriques de flux vers les véhicules d’accès institutionnels.
Troisièmement, si l’ennui s’installe, la performance se niche davantage dans la sélection: arbitrer entre BTC « cœur de portefeuille » et poches satellites à coefficient bêta plus élevé, sans perdre de vue que les rotations se resserrent quand la volatilité s’éteint. Autrement dit, le cycle peut rester ascendant, même si le spectacle se calme; il suffit alors d’ajuster la méthode, non l’objectif.
Source : YouTube
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