La plateforme de marchés de prédiction Kalshi vient de lever 1 milliard de dollars supplémentaires. Avec cette opération, sa valorisation grimpe à 11 milliards, au coude-à-coude avec son grand rival Polymarket.
Dans l’ombre du bull market crypto classique, ces plateformes de paris sur les événements réels deviennent un nouveau terrain de jeu pour les investisseurs et les géants de la tech.
Une licorne des marchés de prédiction dopée aux méga-levées
Kalshi a bouclé un nouveau tour de table d’1 milliard de dollars, mené par Sequoia Capital et CapitalG, le fonds d’investissement d’Alphabet. De grands noms du capital-risque, comme Andreessen Horowitz, Paradigm, Anthos Capital ou Neo, figurent parmi ses soutiens, signe d’un appétit marqué pour ce segment.
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En effet, ce tour intervient seulement quelques semaines après une levée de 300 millions de dollars qui valorisait déjà la société à 5 milliards. Ainsi, en moins de deux mois, la valeur théorique de Kalshi a plus que doublé. La valeur est portée par une croissance explosive de son activité et par l’intérêt croissant pour les marchés de prédiction.
Kalshi se distingue aussi par son statut de plateforme régulée aux États-Unis, ce qui reste rare dans ce secteur encore jeune. Cela rassure une partie des investisseurs institutionnels, qui voient dans ce cadre réglementaire un avantage compétitif face à des acteurs plus « degens ». De plus, la start-up s’est ouverte à 140 pays, ce qui élargit fortement son bassin d’utilisateurs potentiels.
Les marchés de prédiction permettent d’acheter et de vendre des parts « oui » ou « non » sur des événements concrets. Il peut s’agir d’élections, de résultats d’entreprises, d’événements sportifs ou même de grandes tendances culturelles. Par conséquent, le prix de ces parts devient une sorte de sondage en temps réel, alimenté par l’argent des parieurs.
Kalshi vs Polymarket : la bataille pour l’information en temps réel
Depuis septembre, Kalshi et Polymarket se partagent l’essentiel du volume mondial sur ce segment. Les deux plateformes cumulent plus de 17,4 milliards de dollars de volume de trading, et Kalshi capte environ 61,4%. En octobre, Kalshi aurait ainsi traité 4,4 milliards de dollars de volume, contre 3,02 milliards pour son rival.
Cependant, la concurrence reste féroce. Polymarket viserait une nouvelle levée de fonds sur la base d’une valorisation comprise entre 12 et 15 milliards de dollars. Le groupe Intercontinental Exchange, maison mère du New York Stock Exchange, aurait même accepté d’investir jusqu’à 2 milliards de dollars dans Polymarket.
Polymarket revient d’ailleurs sur le marché américain après une période de retrait liée à des questions réglementaires. La plateforme n’était plus accessible aux résidents américains depuis 2022, mais elle est réapparue récemment en « beta mode », avec l’ambition de revenir pleinement d’ici peu. Toutefois, l’avance de Kalshi sur le terrain de la régulation pourrait peser dans la balance.
Les deux acteurs se livrent aussi une bataille sur les intégrations stratégiques. Polymarket a annoncé ou lancé des intégrations avec MetaMask, Google Finance et Yahoo Finance. De son côté, Kalshi a également été intégré à Google Finance, mais aussi à Robinhood, au modèle d’IA d’Elon Musk, Grok, via xAI, ainsi qu’au Pyth Network. Ainsi, les données de prix issues des marchés de prédiction commencent à s’afficher directement dans les interfaces grand public.
Du côté de Kalshi, la feuille de route est claire. Son responsable crypto, John Wang, explique que la plateforme vise une présence sur « toute grande application ou exchange crypto » d’ici les douze prochains mois. L’objectif est simple : être partout où les utilisateurs consultent déjà des prix et de la data, afin de transformer ces marchés en réflexe naturel pour anticiper le réel.
Source : X (Twitter)
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