Dans un post sur le réseau social X, Vitalik Buterin, cofondateur d’Ethereum, a exprimé son désaccord avec le projet de la législation européenne « Chat Control », fustigeant les dispositifs de surveillance obligatoires qui découleraient de la réutilisation pour les discussions privées des technologies de recueil des données publiques, qui ne rend pas la société plus sûre, mais plus risquée.
La question de la vie privée face à la surveillance
Le texte au cœur des débats depuis le début de l’année et intitulé Child Sexual Abuse Regulation (CSAR) par la Commission a un objectif déclaré : enrayer la circulation de contenus pédopornographiques, en contraignant des applications de messagerie chiffrée à installer des systèmes de détection automatique, autrement dit analyser chaque message avant même qu’il ne parvienne à son destinataire.
Fight Chat Control.
You cannot make society secure by making people insecure.
We all deserve privacy and security, without inevitably hackable backdoors, for our private communications.
The fact that the government officials want to exempt themselves from their own law is… https://t.co/OY5NXyk58j
— vitalik.eth (@VitalikButerin) September 27, 2025
Pour les partisans de cette mesure, il s’agit d’un pas franchi vers la protection des victimes et la dissuasion des crimes. Pour ses détracteurs, dont Vitalik Buterin, les ambiguïtés du projet sont déjà visibles dans une mise en œuvre d’une surveillance de masse devenue incontrôlable, tant il est un fait que ce sont les backdoors, voulues pour sécuriser les systèmes, qui peuvent en enrayer le bon fonctionnement.
Tout le problème, pour Buterin, est que ces failles peuvent être exploitées autant par l’Etat que par des hackers, menaçant la sécurité de millions de citoyens.
Une opposition sur fond d’hypocrisie présumée
Dans sa critique, Buterin ne s’arrête pas à l’aspect technique. Il dénonce aussi l’injustice du projet qui ne traiterait pas tous les citoyens de la même manière. Selon des brouillons du texte, certains responsables européens chercheraient à exclure leurs propres communications, ainsi que celles des forces de l’ordre, des services de renseignement et de l’armée, du champ de la surveillance.
Si cette exemption se confirmait, elle accentuerait la fracture entre citoyens et institutions. Les Européens verraient leurs échanges surveillés, tandis que les élites et les corps de l’État resteraient protégés. Pour Buterin, un tel double standard mine la crédibilité du projet et alimente la méfiance envers les autorités.
Un avenir législatif encore incertain
Sur le plan politique, quinze États membres de l’Union européenne soutiennent déjà le texte. Toutefois, il reste insuffisant pour franchir le seuil des 65 % de la population représentée, condition nécessaire à son adoption. L’Allemagne, dont la décision n’a pas encore été rendue, occupe donc une position clé qui pourrait sceller l’issue du vote.
Cette attente maintient une forte pression à Bruxelles. Les défenseurs du projet soulignent l’urgence d’intervenir compte tenu de la gravité des crimes en ligne. Cependant, les détracteurs soulignent que la protection des enfants ne devrait pas se faire au prix des libertés essentielles.
Une bataille symbolique pour l’avenir numérique
Dans son discours, Vitalik Buterin va au-delà de l’approche exclusivement européenne et repositionne la discussion sur le plan international. Pour lui, la véritable question porte sur l’équilibre à trouver entre protection des citoyens et respect de la vie privée à l’ère numérique. Il affirme qu’on ne construit pas une sécurité collective durable en fragilisant l’ensemble des échanges chiffrés.
À mesure que l’Union européenne fait progresser ce dossier, la confrontation entre les partisans d’un Internet plus encadré et ceux qui défendent un espace privé inviolable s’affiche de plus en plus au grand jour. Quoi qu’il arrive, cette discussion est un tournant dans la façon dont se posent aujourd’hui, dans les sociétés contemporaines, les articulations entre liberté et sécurité, entre libertés et contraintes.
Source : Compte X (Twitter) de Vitalik Buterin
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