Accueil Est-ce que Bitcoin est un Ponzi ?
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Depuis l’arrivée du bitcoin (BTC) sur le marché, les détracteurs de la cryptomère n’ont cessé de se multiplier. Parmi la longue liste des critiques sans fondement à l’égard de Bitcoin, l’accusation du Ponzi revient de manière récurrente. Bitcoin n’est-il donc finalement qu’un Ponzi ?

Une brève histoire de Charles Ponzi

charles ponzi

Pour comprendre ce qu’est un Ponzi, il faut d’abord commencer par aborder l’histoire de son créateur : Carlo Pietro Ponzi, plus connu sous le nom de Charles Ponzi. Né en Italie en 1882, Charles Ponzi est arrivé à Boston, USA, en 1903. Après avoir reçu une lettre venant d’Espagne, il réalise que le prix du « coupon réponse international » est bien moins cher en Espagne qu’aux États-Unis.

L’idée de business lui vient alors, Charles Ponzi décide de créer une entreprise qui vend ces coupons à des prix défiant toute concurrence aux États-Unis : la Securities Exchange Company. Vint ensuite l’inflation, qui commença à balayer les bénéfices de l’entreprise. L’entourloupe commence alors quand Charles Ponzi fait des déclarations publiques sur le succès incroyable de son business. L’objectif étant alors d’attirer des investisseurs.

Ponzi offre alors un profit de 50% en 90 jours à ses investisseurs via son entreprise. Les premiers investisseurs recevraient effectivement leur bénéfice. Cela permettait alors d’attirer davantage d’investisseurs qui, attirés par les preuves de paiement, décident d’injecter des fonds voués à disparaître.

Il aura fallu attendre 1920 pour que la méthode de Ponzi ne soit finalement exposée au grand public. Charles Ponzi sera alors poursuivi pour 86 chefs d’accusation et condamné à 5 ans de prison fermes. La légende était née.

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Les caractéristiques d’un Ponzi

Outre Madoff, réputé pour avoir mené le plus large Ponzi de l’histoire de l’humanité, l’histoire de Ponzi permet de tirer des leçons. En 2021, Jorge Stolfi, ingénieur informatique brésilien, définissait les 5 caractéristiques principales d’un Ponzi :

  1. L’espoir d’un profit important
  2. Cet espoir est entretenu par des profits précédents payés à ceux qui ont retiré leurs bénéfices
  3. L’absence de source externe de revenus permettant de payer les investisseurs
  4. Le paiement des bénéfices par de l’argent qui a été investi par d’autres
  5. L’opérateur bénéficie d’une large portion d’argent

sec

Du côté de la Securities and Exchange Commission (SEC), on retrouve la définition suivante :

« Un système de Ponzi est une fraude à l’investissement qui implique le paiement de prétendus rendements à des investisseurs existants à partir de fonds apportés par de nouveaux investisseurs. Les organisateurs de systèmes de Ponzi sollicitent souvent de nouveaux investisseurs en promettant d’investir des fonds dans des opportunités censées générer des rendements élevés avec peu ou pas de risques. Avec peu ou pas de revenus légitimes, les systèmes de Ponzi nécessitent un flux constant d’argent de nouveaux investisseurs pour se poursuivre. Les pyramides de Ponzi s’effondrent inévitablement, le plus souvent lorsqu’il devient difficile de recruter de nouveaux investisseurs ou lorsqu’un grand nombre d’investisseurs demandent la restitution de leurs fonds. »

Bitcoin : un système de paiement électronique pair-à-pair

whitepaper bitcoin

Bitcoin possède probablement autant de détracteurs que de participants dans son réseau. La plupart des personnes étrangères aux caractéristiques de Bitcoin n’hésitent alors pas à qualifier le BTC de système de Ponzi. Pourtant, rien ne concorde.

En se focalisant sur le Whitepaper de Bitcoin, publié par Satoshi Nakamoto, il est possible de trouver un nombre incommensurable d’informations prouvant que Bitcoin n’est pas un Ponzi.

« Nous proposons une solution au problème de la double dépense en utilisant un réseau pair-à-pair. Le réseau horodate les transactions en les hachant en une chaîne continue de preuves-de-travail, formant un enregistrement de données qui ne peut pas être changé sans avoir à refaire la preuve-de-travail », écrivait Satoshi Nakamoto en 2008.

Dans les faits, Bitcoin est un ledger et une monnaie d’échange utilisée de pair-à-pair. L’objectif de Bitcoin est de proposer une alternative au système financier actuel. Il est évidemment possible d’investir dans le BTC et d’en attendre un profit, mais celui-ci se résumerait alors à la même méthodologie que le trading de Forex.

Par ailleurs, et bien malgré l’abus de langage qui tend à définir la valeur du BTC en dollars US ou en euro, le BTC possède une valeur intrinsèque. Celle-ci est dictée par la loi de l’offre et de la demande, et par son utilisation sur le marché.

Bitcoin est-il un Ponzi ?

En reprenant la définition de la SEC et de celle de Jorge Stolfi, on se retrouve vite face à un paradoxe. Dans un premier temps, il est aisé de prouver que Bitcoin n’est pas un Ponzi. Il n’existe aucune promesse de retour sur investissement, l’espoir d’un profit n’est nullement entretenu, les BTC minés ne sont pas issus d’autres investisseurs, et il n’existe personne à la tête de Bitcoin.

 

Il est question de paradoxe à cause de l’utilisation réelle de Bitcoin et de ce qui en découle. En effet, si Bitcoin n’est pas un Ponzi, que dire des ETFs ? Depuis l’approbation de ces derniers sur le marché américain, Blackrock et les autres acteurs institutionnels se frottent les mains.

etf cblackrock bitcoin

Or, ces ETFs tendent à se rapprocher de la définition d’un Ponzi tel que défini par Jorge Stolfi. Promesses de revenus de la part des institutions, double intermédiaires, absence de sources externes, et surtout, absence de valeur réelle de l’ETF à proprement parler.

Ainsi, l’exploitation de BTC comme matière première par les institutions pourrait bien donner raisons aux détracteurs. Les ETFs Bitcoin, associés à la monnaie fiat, pourraient, potentiellement, être définis comme le plus gros Ponzi de l’histoire de l’humanité, loin devant Madoff.


Sources : The Bitcoin Ponzi Scheme Paradox, SEC.gov, Whitepaper Bitcoin (FR)


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Romaric Saint Aubert Crypto-journaliste

Romaric Saint Aubert Crypto-journaliste

Biographie

Romaric est journaliste pour Cryptonaute. Après un passage en faculté de lettres modernes, il s’oriente dans un domaine tout à fait différent, tout en gardant l’œil rivé sur les crypto et l’actualité de l’époque. Il investit alors dans son premier actif numérique : le bitcoin (BTC).

Majoritairement intéressé par Bitcoin, il s’est diversifié plus tard en se penchant également sur le web3, les NFT, les crypto-monnaies et la FinTech. Investisseur aguerri, il est capable d'orienter son entourage et ses lecteurs. Son expérience au sein de l’écosystème crypto et sur la blockchain lui permettent de proposer une actualité précise et experte à ses lecteurs, tout en gardant un recul et une objectivité indispensable à son activité.

Romaric se rend régulièrement en conférence ou à divers événements crypto dans toute l'Europe, notamment aux conférences Bitcoin, au Zebu Live ou aux événements relatifs à la blockchain. Fasciné par ce secteur en plein développement, il aime découvrir de nouveaux projets, apprécie l’innovation, et se laisse porter par son enthousiasme et sa curiosité.

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